Bébé et HyperAtivité

juin 12, 2008 at 7:31 (Pour info, génétique)

Hier, après mes examens au Centre du sommeil, et avec une forte recommandation du Responsable du service qui s’est occupé de mon cas, j’ai rencontré son égale à l’Hopital où l’on diagnostique et traite les THA (Trouble d’HyperActivité). Et comme il le pré-sentait, elle a confirmé.

On a épluché mes bulletins scolaires, et pour elle, à la lecture des commentaires des profs, ça semblait comme une évidence… Alors pourquoi ?? Pourquoi personne ne l’a vu ? Pourquoi durant toutes ces années, où dès la petite enfance, où il y avait des signes évidents, personne ne m’a prété attention, parce que justement, j’étais une “chieuse” et que ça repousse plutot que d’attirer l’attention des adultes ?? Pourquoi, lorsque j’avais des difficultés, c’est que “je ne faisais aucun effort” “que je le faisais exprès” “que je ne faisais rien pour que les choses s’arrangent ou se passent bien” ??? Pourquoi m’a-t-on toujours enfoncé plutot que de me soutenir ??

Alors voilà, j’ai grandi en culpabilisant pour tout, en me disant que j’étais une incapable, que j’étais idiote. Et autant dire que mon estime de moi et ma confiance en moi sont vraiment faibles.

Pourtant, je me suis battue. J’ai toujours essayé de m’en sortir. Seule. Suite à l’échec cuisant de mes études où je n’ai pas eu mon bac, j’ai monté un dossier, à 25 ans, pour me faire financer une école de Photo, ma passion, en fongécif (organisme de financement qui salarie et paie l’école, 12000€ en l’occurence pour la mienne à des salariés “agés”. Mais bien évidemment les places sont rares et ce financement n’est accepté que si l’organisme pense qu’il y a une véritable possibilité de réorientation professionnelle et de réussite.). A ma grande surprise et grand bonheur, j’ai été prise par l’Ecole et l’organisme a validé mon dossier (2è tentative cependant, mais à mon âge une acceptaion est très rare, ils privilégient forcemment, les salariés qui ont le plus “cotisés” pendant de + nombreuses années). Mais là encore, je me suis mise en situation d’échec. Je ne comprenais rien aux cours thérorique, j’en complexais et n’osais rien dire. Pour la pratique je me mettais en situation d’infériorité et refusais de montrer mon travail aux profs et même aux élèves, convaincue que c’était vraiment minable. Et je n’arrivais même pas à retenir les noms des enseignants, ni même de mes “camarades” !! Autant dire que je me suis vite isolée et n’ai pas pu m’insérer dans cette “famille”…

Un exemple d’échec parmis tant d’autres…

Alors comment avoir confiance en soi lorsque tout ce que l’on touche se casse ??

Dès 10 ans, j’étais convaincue d’être “en dessous”, alors je n’ai cessé de faire des test de QI pour le confirmer ou non, pour me rassurer aussi… Et mes résultats étaient constants, toujours à 122. ALors pourquoi je n’arrivais à rien ???

Et voilà, aujourd”hui, à 29 ans, j’apprend qu’il y a une raison à tout ça. Que j’ai une maladie “neurologique” qui n’a jamais été détectée. Je vais pouvoir, dès que ma grossesse sera terminée, et allaitement s’il y a, entamer un traitement que je devrais suivre à vie. Comme les lunettes pour le malvoyant, j’aurais besoin de ce “placebo” pour être “normale”. Je pourrais, dès lors, lire (et oui, parce que je suis incapable de lire un livre, je dois relire 10 fois les phrases pour en comprendre le sens, une fois en bas de la page j’oublie les premières lignes de celle-ci… Alors je ne lis que des livres d”informations” et non des fictions qui sont trop compliquées pour moi… Et aujourd”hui je ne comprend pas comment ma propre mère ne s’est jamais apercue que sa fille n’avait jamais réussi à lire un livre…). Je pourrais peut-être réussir à me concentrer, écouter, apprendre, retenir, être attentive… Mais sincèrement j’ai du mal à l’envisager… Par ce fait même je serais capable de reprendre une formation et de la réussir !! Mais très franchement, c’est trop tard pour moi…

Donc déjà, cette nouvelle me perturbe énormément, je ne sais pas encore comment la prendre. Comment ne pas en vouloir à mon entourage qui n’a jamais été présent ni attentif. Ne pas les considérer comme responsables de ma vie gachée…

Mais il y a pire. C’est transmissible, et il y a de fortes chances que je transmette cette “tare” à bébé.

Je m’en veux terriblement.

Oui on sera attentifs, on ne laissera rien passer, comme ça a été le cas pour moi. Mais j’ai tellement souffert. Si je pouvais être certaine que bébé n’en patira pas lui aussi… Parce que même suivi et traité, c’est un mal qui est loin d’être facile à vivre.

Et serais-je à la hauteur ?? Il lui faudra tout ce que je n’ai pas eu, une énorme confiance et fierté de ses parents et des autres, une écoute et une grande compréhension, un soutien pour ce qu’il entreprendra, et beaucoup de patience de notre part. De l’amour bien entendu. Mais ma maman avait beau m’aimer, elle n’a rien vu. M’a fait culpabiliser pour tant de choses, dont l’énurésie. (J’ai fait pipi au lit jusque 7 ans, et pour elle j’étais le problème et la solution était encore là la culpabilisation pour me faire arréter… loupé, j’ai arrété pour une autre raison, et lors d’une situation particulière.)

Donc j’ai peur. Peur de ne pas, encore une fois, être à la hauteur avec bébé.

Puis je m’en veux tellement. Hier j’ai passé beaucoup de temps à lui parler, à m’excuser, à lui dire tout mon amour et que je ferais de mon mieux.

Mais mon mieux est-ce suffisant…

4 commentaires

  1. beauprenompourbebe - cindy a dit,

    Coucou ma petite Shokola !!!
    tu me mets les larmes aux yeux en lisant cet article…je suis désolée de tout ce qui t’arrive, je ne peux pas faire grand chose mais si tu veux parler je suis là (tu peux me contacter sur le forum) je sais bien que l’on ne se connait pas mais parfois ça fait du bien de parler à une personne qui ne te juge pas et qui peux te comprendre.
    Mon frere (12 ans) est malade aussi, il a une maladie neurologique… je ne sais plus laquelle, mais ça a été dur… quand il était jeune il pouvait me traiter de choses blessantes, mais il ne s’en rendait compte de rien, jusqu’au jour ou on l’a fait suivre par un professionnel. a l’école il ne sait toujours pas lire correctement ni écrire ni compter. à la rentrée il va dans un établissement scolaire spécialisé, et je suis heureuse pour lui, il ne se sentira plus inferieur, plus bon a rien comme il disait… il sera entouré de gens qui le comprendront, qui l’écouteront…
    alors je comprends que tu aurais rêver de tout cela + jeune !

    je te fais de grosses bises, et n’oublies pas je suis là si tu veux parler !!!
    Cindy

  2. morphinechoco a dit,

    merci c’est gentil.
    Je commence à accuser le coup. Je dois pas me laisser aller si bébé ressent tout, je veux pas en rajouter une couche !

    ça a dû être dur pour ton frère. Puis lui c’est quelque chose qui est “grand” donc qui se détecte obligatoirement. J’espère que tout va bien se passer et qu’il va reprendre confiance. C’est important.

    Oui petite j’aurais aimé qu’on s’inquiète plutôt qu’on me blâme… Si j’avais eu le traitement adéquat, je n’aurais pas perdu cette confiance en moi, et aurais surement réussi ce que j’ai entrepris, sans me mettre constamment de par moi-même en situation d’échec. Je suis très forte pour ça !! J’ai tellement l’habitude de l’échec, et tellement peur d’être déçue, que je vais directement, en faisant tout ce qui faut, dans le fossé !! Au moins comme ça je sais que si j’ai raté c’est que je l’ai voulu… C’est idiot mais j’imagine que c’est une forme d’auto-protection.

    Mais bon, disons qu’à l’époque on était moins accés “psycho”

    En tous cas merci à toi

    Bises à toi et ton adorable puce ;)

  3. titipouk a dit,

    ton témoignage est très touchant… il faut voir peut etre maintenant le plus important, tu peux mettre un mot sur tes maux (oui, je sais c’était facile…)! et reprendre confiance! et puis vis à vis de ta petite crevette, tu sauras surement, si le cas se présente, être attentive à son comportement.

    bon we!

  4. morphinechoco a dit,

    oui je l’espère !!

    merci !
    Bon week-end à toi ;)

Laisser un commentaire