Hier, après mes examens au Centre du sommeil, et avec une forte recommandation du Responsable du service qui s’est occupé de mon cas, j’ai rencontré son égale à l’Hopital où l’on diagnostique et traite les THA (Trouble d’HyperActivité). Et comme il le pré-sentait, elle a confirmé.
On a épluché mes bulletins scolaires, et pour elle, à la lecture des commentaires des profs, ça semblait comme une évidence… Alors pourquoi ?? Pourquoi personne ne l’a vu ? Pourquoi durant toutes ces années, où dès la petite enfance, où il y avait des signes évidents, personne ne m’a prété attention, parce que justement, j’étais une “chieuse” et que ça repousse plutot que d’attirer l’attention des adultes ?? Pourquoi, lorsque j’avais des difficultés, c’est que “je ne faisais aucun effort” “que je le faisais exprès” “que je ne faisais rien pour que les choses s’arrangent ou se passent bien” ??? Pourquoi m’a-t-on toujours enfoncé plutot que de me soutenir ??
Alors voilà, j’ai grandi en culpabilisant pour tout, en me disant que j’étais une incapable, que j’étais idiote. Et autant dire que mon estime de moi et ma confiance en moi sont vraiment faibles.
Pourtant, je me suis battue. J’ai toujours essayé de m’en sortir. Seule. Suite à l’échec cuisant de mes études où je n’ai pas eu mon bac, j’ai monté un dossier, à 25 ans, pour me faire financer une école de Photo, ma passion, en fongécif (organisme de financement qui salarie et paie l’école, 12000€ en l’occurence pour la mienne à des salariés “agés”. Mais bien évidemment les places sont rares et ce financement n’est accepté que si l’organisme pense qu’il y a une véritable possibilité de réorientation professionnelle et de réussite.). A ma grande surprise et grand bonheur, j’ai été prise par l’Ecole et l’organisme a validé mon dossier (2è tentative cependant, mais à mon âge une acceptaion est très rare, ils privilégient forcemment, les salariés qui ont le plus “cotisés” pendant de + nombreuses années). Mais là encore, je me suis mise en situation d’échec. Je ne comprenais rien aux cours thérorique, j’en complexais et n’osais rien dire. Pour la pratique je me mettais en situation d’infériorité et refusais de montrer mon travail aux profs et même aux élèves, convaincue que c’était vraiment minable. Et je n’arrivais même pas à retenir les noms des enseignants, ni même de mes “camarades” !! Autant dire que je me suis vite isolée et n’ai pas pu m’insérer dans cette “famille”…
Un exemple d’échec parmis tant d’autres…
Alors comment avoir confiance en soi lorsque tout ce que l’on touche se casse ??
Dès 10 ans, j’étais convaincue d’être “en dessous”, alors je n’ai cessé de faire des test de QI pour le confirmer ou non, pour me rassurer aussi… Et mes résultats étaient constants, toujours à 122. ALors pourquoi je n’arrivais à rien ???
Et voilà, aujourd”hui, à 29 ans, j’apprend qu’il y a une raison à tout ça. Que j’ai une maladie “neurologique” qui n’a jamais été détectée. Je vais pouvoir, dès que ma grossesse sera terminée, et allaitement s’il y a, entamer un traitement que je devrais suivre à vie. Comme les lunettes pour le malvoyant, j’aurais besoin de ce “placebo” pour être “normale”. Je pourrais, dès lors, lire (et oui, parce que je suis incapable de lire un livre, je dois relire 10 fois les phrases pour en comprendre le sens, une fois en bas de la page j’oublie les premières lignes de celle-ci… Alors je ne lis que des livres d”informations” et non des fictions qui sont trop compliquées pour moi… Et aujourd”hui je ne comprend pas comment ma propre mère ne s’est jamais apercue que sa fille n’avait jamais réussi à lire un livre…). Je pourrais peut-être réussir à me concentrer, écouter, apprendre, retenir, être attentive… Mais sincèrement j’ai du mal à l’envisager… Par ce fait même je serais capable de reprendre une formation et de la réussir !! Mais très franchement, c’est trop tard pour moi…
Donc déjà, cette nouvelle me perturbe énormément, je ne sais pas encore comment la prendre. Comment ne pas en vouloir à mon entourage qui n’a jamais été présent ni attentif. Ne pas les considérer comme responsables de ma vie gachée…
Mais il y a pire. C’est transmissible, et il y a de fortes chances que je transmette cette “tare” à bébé.
Je m’en veux terriblement.
Oui on sera attentifs, on ne laissera rien passer, comme ça a été le cas pour moi. Mais j’ai tellement souffert. Si je pouvais être certaine que bébé n’en patira pas lui aussi… Parce que même suivi et traité, c’est un mal qui est loin d’être facile à vivre.
Et serais-je à la hauteur ?? Il lui faudra tout ce que je n’ai pas eu, une énorme confiance et fierté de ses parents et des autres, une écoute et une grande compréhension, un soutien pour ce qu’il entreprendra, et beaucoup de patience de notre part. De l’amour bien entendu. Mais ma maman avait beau m’aimer, elle n’a rien vu. M’a fait culpabiliser pour tant de choses, dont l’énurésie. (J’ai fait pipi au lit jusque 7 ans, et pour elle j’étais le problème et la solution était encore là la culpabilisation pour me faire arréter… loupé, j’ai arrété pour une autre raison, et lors d’une situation particulière.)
Donc j’ai peur. Peur de ne pas, encore une fois, être à la hauteur avec bébé.
Puis je m’en veux tellement. Hier j’ai passé beaucoup de temps à lui parler, à m’excuser, à lui dire tout mon amour et que je ferais de mon mieux.
Mais mon mieux est-ce suffisant…